Le Parti socialiste fribourgeois, étonné par le manque d’ambition et d’ampleur du plan de relance, prend toutefois acte de l'engagement supplémentaire annoncé par le Conseil d'État pour la relance économique qui doit suivre la crise due au COVID-19. Il semble que le Conseil d’État soit plus inquiet par l’incidence économique sur ses propres finances de la crise, que par la forme de la relance qu’il pourra offrir au canton.

Si l’on pouvait s’attendre à l’annonce d’un vrai plan de relance keynésien, l’effet d’annonce du Conseil d’État a fait « plouf ». En soi, le Conseil d’État s’est contenté d’actualiser les montants investis relatifs à des mesures précédemment prises, sans donner ne serait-ce qu’une esquisse ou une vision du futur plan de relance. La seule mention d’un très maigre montant de 50 millions montre le peu de vision d’avenir qu’a ce Conseil d’État. Cela donne une image d’un Conseil d’État, qui a des moyens massifs, mais ne sait pas quoi en faire.

Le PSF est toutefois satisfait de l’élargissement de la mesure sur les baux commerciaux qui a été coordonnée avec les différents milieux dont l’ASLOCA. Il s’agit d’une mesure concrète qui pourra aider les petits commerçants et permettra de préserver des emplois.

Par ailleurs, il est souhaitable que le Conseil d’État consulte les différents acteurs touchés par la crise. Le PSF s’étonne que les personnes les plus touchées ne soient pas consultées, à savoir les travailleuses et travailleurs, représenté·e·s par les syndicats. Le Conseil d’État ne souhaite consulter que les milieux patronaux, alors qu’une part non négligeable de la réalité du terrain se situe au niveau du salarié·e lambda. On risque ainsi de laisser sur le bas-côté de la route les personnes les plus démunies ayant un emploi précaire. De plus, il est fortement souhaitable que le Conseil d’État intègre les partis politiques dans le cadre de la Task Force créée pour proposer des mesures, afin d’enrichir le panel des mesures proposées et promouvoir un vrai échange de vues des milieux représentatifs de toute la société. En conséquence, le PSF demande la création d’états généraux de la relance, afin d’impliquer tous les acteurs, représentant des salarié·e·s, de la société civile et des employeur·e·s pour en définir son contenu et sa forme.

Le canton de Fribourg mérite une relance sociale et équilibrée, avec une vision responsable, durable et qui soit transversale. Le PSF, qui ne se contente pas de critiquer sans être constructif, communiquera lors des prochains jours, les contours du plan de relance, imaginé par ses soins, sans vouloir promouvoir l’arrosage de l’ensemble des milieux économiques, ainsi que le proposent les trois partis bourgeois conservateurs de ce canton.

11. Mai 2020