Les comptes 2014 du canton de Fribourg sont bons. Mais les propos du Directeur en charge des finances qui sont tantôt catastrophistes, tantôt d’un optimisme décalé, ne rassurent pas. La communication du Conseil d’Etat sur la situation financière du canton est pour le moins particulière.

Il y a quelques semaines, le Conseiller d’Etat en charge des finances soutenait, sans hésitation, que le canton de Fribourg pouvait facilement digérer l’initiative pour la défiscalisation des allocations familiales. La perte annoncée était de plus de 17 millions pour notre canton. En fin d’année dernière, le Conseil d’Etat annonçait le taux d’imposition à venir pour les entreprises. Un taux de 13,72% qui devrait faire perdre près de 40 millions par année à notre canton. Et là aussi, pour le
ministre des finances, pas de problème en vue, les citoyens ne devraient pas être touchés. Aujourd’hui, en présentant les comptes de l’Etat, comptes pour le moins équilibrés, le même Conseiller d’Etat envisage d’ores et déjà de nouvelles mesures d’économie, des mesures complémentaires considérées comme d’ « envergure ». Il y a ici un vrai problème de compréhension pour les Fribourgeoises et les Fribourgeois. Des mesures d’économie ont déjà été décidées et appliquées il y a quelques mois. Certaines d’entre-elles ont été présentées comme temporaires. Comment peut-on aujourd’hui, dans le contexte global, avec l’optimisme ambiant sur certains sujets, revenir avec des plans d’austérité ?

C’est un discours incompréhensible qui nous est tenu ici. Certes, depuis les baisses fiscales votées par la droite bourgeoise au Grand Conseil, c’est un Conseil d’Etat déstabilisé qui s’exprime sur nos finances, mais l’optimisme d’il y a quelques semaines et le pessimisme actuel du grand argentier cantonal ne peuvent que susciter l’étonnement pour ne pas dire l’agacement.

Le Parti socialiste fribourgeois demande au Conseil d’Etat d’analyser la situation actuelle avec tout le pragmatisme nécessaire. Les coupes effectuées depuis une année sur le personnel de l’Etat ne peuvent plus perdurer dans ce contexte. Les comptes et les propos du Directeur des finances prouvent que d’autres solutions doivent être trouvées pour accompagner la croissance démographique du canton de Fribourg.

30. Mai 2015