La décision prise le 28 janvier 2015 par l’UDC du canton de Fribourg est condamnable, tant sur le fond que sur la forme. Si elle ne trompe personne quant à ses visées promotionnelles pour les échéances électorales de 2015 et 2016, l’initiative annoncée révèle toute sa capacité de nuisance en ne proposant qu’une chose: l’option de la radicalité, qui favorise la montée en
symétrie de la haine et de l’incompréhension.

Le parti socialiste fribourgeois s’oppose catégoriquement au projet d’initiative que l’UDC a annoncé hier soir. La création du Centre Suisse Islam et Société (CIS) est une chance à saisir, et ceci encore plus particulièrement après les événements qui ont durablement marqué nos voisins français, il y a quelques semaines seulement. Face aux agissements plus que répréhensibles des «fous de Dieu», il y a certes des réflexions et des actes à poser en termes de sécurité, mais il y a
aussi une place à garantir pour l’appréhension de la culture et de la religion de celui que l’on met au pilori. Le CIS est cette garantie: il favorise non seulement le dialogue interreligieux et la connaissance du monde musulman, mais il place aussi la compréhension des peurs qui agitent nos sociétés occidentales sous l’angle d’analyse raisonné et légitime d’expert-e-s crédité-e-s par notre Université.

Dans ce sens, l’initiative UDC est irresponsable car elle propose de fermer les yeux, de s’enfermer dans l’ignorance plutôt que de s’ouvrir à la connaissance et au débat critique.

Se priver du CIS serait aussi priver notre canton et sa capitale, d’un centre de recherche d’excellence qui se veut novateur et exigeant. Sa mise en place permettra à notre Alma Mater de développer un pôle de recherches et de compétences unique en Suisse, qui donnera à Fribourg une place nouvelle et d’importance dans les questions contemporaines de société. C’est une
opportunité de donner à notre Université et à notre canton une visibilité nationale et internationale.

En prétendant que le CIS est le prélude à la constitution d’une école coranique dans le canton de Fribourg, l’UDC fait fi de toutes les garanties qui ont été données, tant par les autorités académiques que politiques (Conseil d’Etat). L’UDC foule du pied les arguments les plus évidents en faveur de la création du CIS et révèle ainsi son intention véritable : cacher la vacuité de son programme pour les élections à venir, en agitant les peurs et en feignant une détermination de façade.

C’est pourquoi le parti socialiste fribourgeois s’oppose résolument à l’initiative de l’UDC, apporte son plein soutien à la création du CIS au sein de notre Université, et invite, tant ses membres que la population fribourgeoise, à faire le choix du débat éclairé plutôt que celui de l’obscurantisme.

29. Jan 2015